Bilan du CPF après 1 an d’existence

Voilà donc un peu plus d'1 an que les règles applicables au Compte Personnel Formation sont en vigueur. L'heure est donc au bilan de cette réforme, "révolutionnaire" dans son esprit dans les relations entre employeurs et salariés, tandis que la Ministre de l'Emploi a profité de l'Université d'Hiver de la Formation pour réexpliquer les ambitions et les objectifs du Gouvernement dans ce dispositif.

Sur le plan des statistiques, une fois n'est pas coutume, le constat va dépendre du point de vue où on se situe. Les éléments positifs proviennent du nombre de CPF ouverts par les salariés ou les ayant-droits, notamment suite au transfert du solde des droits issus du DIF. Plus de 2,3 millions de personnes inscrites. C'est un succès. Même s'il faut le relativiser puisque pour ne pas perdre ses droits, le salarié est obligé de faire cette démarche. Mais cela signifie aussi que le dispositif importe aux bénéficiaires, et que l'information a été globalement bien relayée par les employeurs ou leurs représentants. Reste que secteur privé du Travail compte beaucoup plus de personnes concernées que cela. On peut même s'interroger pourquoi l'inscription n'aurait pas dû être automatique, si on excepte le caractère personnel de l'usage et des informations ultérieures pour le salarié. Autre élément de satisfaction pour les promoteurs de la réforme: le nombre de dossiers validés sur 1 an au travers le CPF : plus de 200.000 accords donnés (entre 200 et 230.000 selon la période de calcul). Oui, mais c'est là que les choses deviennent moins positives. D'une part, la mise en oeuvre par contre ne dépasserait pas les 3.000 formations, en comparaison des 200.000 accords. D'autre part, les accords donnés concernent à plus de 80% des personnes sans emploi. Enfin, le nombre d'accords antérieurement donnés au travers le dispositif précédent (DIF) était très largement supérieur. Ce que ne manquent pas de relever les professionnels de la Formation Continue et les représentants sociaux. La réforme répondra-t-elle vraiment à son objectif de maintien de l'employabilité des salariés, ou sera-t-elle une façon de faire revenir dans le Marché des chômeurs. Si  elle permet les 2 ce sera une  superbe réussite, mais les complexités administratives (éligibilité des formations, identification des capacités d'accès, et gestion dans le temps des obligations de formation pour l'employeur, notamment dans les TPE).

Il est donc trop tôt pour juger. Par contre, l'arrivée de la réforme du CPA (Compte Personnel Activité) en 2017, qui reprendra, entre autres, le CPF et l'incertitude qui pourrait naître du maintien de la réforme en cas de changement de gouvernement ne sont pas des éléments rassurants et motivants pour les acteurs concernés. Sans oublier que l'enjeu du sauvetage de l'AFPA par les Pouvoirs Publics, organisme principalement concerné pour les formations des populations les plus vulnérables en termes d'emploi, ajoute à l’ambiguïté des objectifs de l'ensemble.

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